Typologie : science de l'élaboration des types, facilitant l'analyse d'une réalité complexe et la classification [Robert]. Donc il n’y pas de recherche d’exhaustivité.
“Call out” (ou interpellation publique) : Un “call-out” dans la musique ça peut être sur : programmation très faiblement paritaire, cas de Violence Sexuelles ou Discriminatoires (VSD) niveau interne ou avec des prestataires, programmation d’artistes qui ont commis des VSD, communication discriminatoire, etc.
Volonté : peut émaner d’une volonté humaine et empathique (de faire mieux sincèrement), d’une pression sociale ou médiatique, d’une compréhension de la nécessité de respecter la loi, de menace de représailles juridiques, etc (→ il ne s’agit pas ici d’émettre un jugement sur ce qui motive cette volonté, voir ouverture)
VSD Violence Sexuelle et/ou Discriminatoire
Après tant d’années dans le secteur associatif et militant, j’ai pu observé des points communs dans les manières dont les structures réagissent aux cas de VSD qu’ont leur met sur la table, et dans ma quête de compréhension du monde, j'ai eu envie de comprendre un peu mieux ces dynamiques.
Quand la situation empire ou qui devient une crise médiatique, c’est souvent quand la réponse d’une salle, d’un label, d’un festival, etc. viens dénigrer les victimes, mettre en place des réponses temporaire, que les solutions font reposer la charge du changement uniquement sur les victimes, ou d'autres types d'actions qui aggravent la situation.
Avec cette typologie, ma démarche ici n’est pas de pouvoir prédire les réactions de chaque structures, ou de les catégoriser en “elle fais bien ou mieux que d’autre”, ni à invisibiliser la gravité des faits qui sont reportés.
Mon objectif c’est celui de relever les réactions courantes que j’ai pu observé, de chercher à faire sens des occurrences régulières malgré la complexité individuelle de chaque cas.
Le degré d’action.
De la non-considération voir de la perpétuation des systèmes violents actuels, jusqu’aux actions les plus transversales et durables - qui vont contribuer à construire un monde plus juste.
Côté chiffre impair, les structures qui ont été interpellées sur des cas en interne, et qui ont fait l’objet ou pas de campagne médiatique pour appuyer le témoignage.
Côté chiffre pair, les structures qui n’ont pas été interpellées ou mises au courant de cas en interne, mais qui ont potentiellement quand même entrepris des démarches.
Quelques raisons pour lesquelles des cas ne seraient pas encore public ou connus :
🔇 entrave de la parole, manque de confiance des personnes victimes dans la structure, historique de mauvaise ou dangereuse prise en considération de la parole, …
💼 pas de process de récolte de la parole, pas de personnes identifiées, absence de personnel RH ou personnel RH pas formé aux discriminations, …
🌐 culture hétéro-patriarcale et suprématie blanche qui normalise la violence et qui fait culpabiliser les victimes face aux violences qu’elles vivent, double ou triple peine, …
⚖️ système juridique défaillant en faveur des victimes, menace de procès baillons, …
On peut décider d’agir de manière préventive, pour être en accord avec ses valeurs, pour permettre faire d’émerger des cas, pour protéger son image, pour respecter la loi, etc.
Les cas 4 et 6 sont les personnes que je vise dans mon travail.
Avoir l’envie de changer, car on sent que c’est le bon moment, que ça “risque de nous arriver aussi”, car c’est la chose à faire ; c’est d’ailleurs en commençant à mettre des choses en place qu’on remarque des dynamiques qu’on avait jamais vu avant, et que peuvent émerger des anciens cas qui n’ont pas été gérer en interne.
Le cas 1 fait souvent l’objet de couverture médiatique négative conséquent, et maintiens l’ordre actuel et l’impunité qui règne. Loin de nous la volonté d’être en posture de jugement juridique des affaires, il faut garder cet élément éthique en tête :
être neutre face à la violence systémique
c’est prendre position pour
le pouvoir dominant qui exerce cette violence.
En cas d’interpellation publique ou interne, il faut saluer le courage des victimes qui témoignent et qui osent dénoncer la domination et la violence qu’ielles auraient subi. Pour rappel, une personne qui témoigne ne bénéficient quasiment jamais d’ascension sociale ou financière, contrairement aux personnes accusées.
Sortir de ce type là est déjà un grand pas. Les cas 3 et 5 sont également des structures avec lesquels je travaille, notamment sur la visibilisation des leviers qui différencie les deux, et les hypothétiques sous-types qui pourraient découler.
Un point d’attention sur la question sensible du “call-out” public, qui n’est pas à diaboliser mais également à analyser : il est souvent utilisé comme un levier d’écoute quand les leviers classiques (voir ci-dessus) ne fonctionnent pas comme ils devraient.
D’autres personnes ont effectués ces analyses, je vous invite à les lire si cela vous intéresse.
Quand j’ai réfléchi à ce modèle en 2022, c’était évident que ces types s’inscrivaient dans un spectre. Car on est pas toustes égaules face au changement, face à la possibilité de réagir, de mettre en place des choses, etc. Mais ce qui est sûr maintenant, en 2025, c’est qu’on ne peut que difficilement fermer les yeux sur la société qui change.
C’est "seulement" depuis 2015-17 que notre société remet le sexisme dans la lumière. Dans la musique, c’est “grand public” depuis 2020. La “nouveauté” du traitement des cas de VSD dans le secteur culturel relève de toute une autre analyse que je pourrai vous faire, quoi qu’il en soit ça veut dire qu’on vit un CHANGEMENT de société conséquent.
[c’est d’ailleurs une discipline à part entièrement - si ça vous intéresse d’aller creuser le CHANGE MANAGEMENT c’est fascinant.]
C’est donc assez récent sur l’histoire du monde le fait qu’on écoute sérieusement ces récits, et surtout qu’on souhaite mettre en place des nouvelles choses pour éviter que ça recommence.
La notion de volonté (je le rappelle) fait ici écho à une variété de raison qui motivent à agir. La motivation derrière le fait de vouloir rester à un endroit peut en effet venir de malveillance, d’ignorance, de manque de moyen, de comfort, d’impuntié, …*
Le spectre permet aussi de visibiliser qu’on est pas seul·e dans l’écosystème, qu’il a d’autres manières de faire, et que si on s’arrête en ayant fait uniquement des actions partielles et temporaires, on n’agit pas au mieux pour le changement de société qu’on veut au final toustes : une société avec moins de violences, pour et par toustes.
Cet outil pourra vous permettre d’identifier face à quelles types de structures vous êtes.
On milite pas toustes au même endroit ni de la manière ni pour les mêmes types de structures, et c’est bien plus léger pour toustes d’accepter cette réalité, et de soutenir les adelphes qui militent là où nous n’en avons pas la force.
On oublie pas :
problème systémique = réponse systémique
Si on ne vous a jamais rien reporté, c’est parlant aussi : comment se fait-il que personne n’est jamais venu vous reporté un incident ?
(spoiler: la réponse “ça n’arrive pas chez nous” contredit toutes les études et les réalités documentées d’être des personnes discriminées, même intracommunautaire)
Un des éléments important autour de cet outil c’est d’ouvrir le champ des possible, c’est de voir que les structures PEUVENT EVOLUER sur ce spectre, et devenir un autre type de structure.
→ Quels sont obstacles donc pour avancer sur l’échelle ?
Pas uniquement propre à la culture, la réalité financière ajoutée au peu de temps disponible alloué pour ces chantiers font souvent que la structure n’est pas à la même vitesse que les individus qui la composent. Cela peut alors créer des dissonances cognitives quand nos valeurs et notre éthique sont difficilement applicables et mise en place dans notre travail [mais ça ce sera pour une autre tangente].
Mon conseil là-dessus est d'effectuer une analyse en 3 étapes, afin d'identifier :
Souvent, on peut être surpris (positivement) par les résultats de cette analyse., et c'est exactement cela que je propose aux acteurices de la culture.